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Legris aux prud'hommes


Sur le site Ouestfrance-entreprises, paru le 15 Février 2013 :

Maine-et-Loire. Le baroud d'honneur des ex-salariés de la Fimec
La grande partie des 153 salariés licenciés après le naufrage de la société du Pin-en-Mauges a assisté, jeudi, au procès devant le conseil des prud'hommes. Ils dénoncent une stratégie de profits.


C'est l'histoire d'une société du Pin-en-Mauges qui semblait taillée pour affronter toutes les tempêtes. « On avait même réussi à devenir numéro un mondial. » La Fimec, entreprise de bâtiment spécialisée dans la conception d'outils industriels, en particulier la livraison d'usines clé en main, s'est effondrée comme un château de cartes, à l'automne 2009. Laissant, quelques mois plus tard, 153 de ses 190 salariés sur le carreau.

Ce jeudi matin, une grande partie d'entre eux a assisté à l'audience de la dernière chance. Devant le conseil des prud'hommes, réuni au tribunal de grande instance, ces ex-employés sont venus contester leurs licenciements. Et surtout dénoncer le contexte : le rachat, quelques années plus tôt de l'entreprise familiale par le groupe international Legris, avant la cessation de paiement d'une kyrielle de filiales, présentée simultanément devant le tribunal de commerce de Paris.

« Une faillite organisée »
Dans la salle archicomble, les deux avocates des salariés, Mes Justine Candat et Céline Parès développent, dans un premier temps, leurs arguments. Pour la première, le groupe Legris doit assumer directement les conséquences de la déconfiture de sa filiale du Pin-en-Mauges. « Elle a organisé la faillite de la totalité de ses filiales françaises. » Elle en veut pour preuve un rapport d'audit du 20 mai 2009, commandé par Legris. « Avant la liquidation d'avril 2010, il présentait deux scénarios pour gagner de l'argent, dont l'un prévoyait de se débarrasser de la Fimec. » Pour elle, le groupe aux 24 sites, aux 34 implantations, aux 745 millions d'euros de chiffre d'affaires et aux 2 450 salariés gérait directement la société du Pin-en-Mauges.

Il n'aurait pas non plus présenté suffisamment d'offres de reclassement et aurait cherché à faire supporter le coût des licenciements à la collectivité. C'est ce qu'elle soutient, comme sa consoeur qui vise une filiale de Legris : Keyria. « En avril 2008, la Fimec a versé 9 millions d'euros de trésorerie aux actionnaires de cette société. Depuis les années 60, les bénéfices alimentaient les réserves pour les moments difficiles. Une gestion de bon père de famille. » Les avocates présentent des demandes de dommages et intérêts de 1 000 € par salarié.

Avec le rachat, en 2006, de l'entreprise familiale, le loup serait-il entré dans la bergerie ? Pas du tout, rétorque Me Guillaume Bordier, avocat de Keyria, qui dénonce une « théorie du complot ».

S'appuyant sur des décisions favorables de la quasi-totalité des autres conseils de prud'hommes saisis en France, il interroge : « Mon client aurait dépensé 51 millions d'euros pour le seul plaisir de licencier ? » Surtout, il s'efforce de démontrer l'indépendance des entités. Et rappelle la violence de la crise, dès la fin 2008. « Le chiffre d'affaires du premier semestre 2009 était en chute de 71,4 %, les entrées de commandes ont baissé de 150 millions d'euros. »

Même son de cloche chez Me Aurélien Boulanger, avocat du groupe Legris. « Il y a une cible déterminée, des pièces, et on essaie de constituer un puzzle. Mais comme les pièces ne rentrent pas, on les corne à coups de ciseaux. » Lui aussi réfute l'idée d'un « plan stratégique pour vampiriser les filiales ». Il nie « le versement du moindre euro de dividende ».

Délibéré le 3 septembre.

Avec le rachat d'Alphaplatre, CMI part à la conquête de la Russie


Sur le site de Le journal des entreprises paru le 03/12/2010:

Avec le rachat d'Alphaplatre, le fabricant d'équipements de chaudronnerie, de manutention pour le vrac et d'exploitation d'énergie s'ouvre au marché russe.
Il aura fallu une année au groupe CMI pour conclure le rachat d'Alphaplatre, une ancienne filiale de Fimec. L'accord du liquidateur judiciaire est intervenu fin octobre. C'est le vaisseau amiral du Pin-en-Mauges qui intéressait d'abord Joël Esnault. Mais le P-dg de CMI ne cache pas pou autant sa satisfaction. «C'est un complément d'activité avec des clients qu'on ne connaissait pas. Alphaplatre (5 salariés repris) devient une marque intégrée à RBL/REI. On réalisait des équipements d'extraction de gypse, maintenant on peut désormais proposer les fours pour le cuire afin de réaliser des carreaux de plâtre.» Les clients potentiels sont les fabricants de matériaux type Lafarge, Knauf...

Travailler avec le BRIC
Créé en 1978 par trois compagnons du devoir dont Pierre Genevrier, l'ex-président de l'entreprise, le chaudronnier de Saint-Sylvain-d'Anjou élargit encore son périmètre d'activité. Cette reprise offre surtout à l'entreprise de Saint-Sylvain-d'Anjou, plus qu'une entrée sur le marché russe, un véritable pied à terre. Le pays est avec le Moyen-Orient et l'Amérique Latine les grandes régions productrices de plâtre. «On a saisi l'opportunité d'avoir une personne sur place pour créer un bureau RBL/REI - Alphaplatre», confie Joël Esnault, arrivé à la tête de l'entreprise en 2007. Pour CMI, l'avenir passe inévitablement par la conquête de marchés à l'export. Et notamment sur la zone du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). L'acronyme n'est pas anodin: il désigne ces quatre forces internationales vouées à devenir les superpuissances économiques de demain. Ressources énergétiques, échanges commerciaux, infrastructures en construction, hausse du niveau de vie, ces pays détiennent les chantiers industriels majeurs d'aujourd'hui avec les flux de matières premières inhérents. Dès lors, la stratégie commerciale est simple: «Êtrelà où on construit», conçoit Joël Esnault, (cf. interview ci-dessous).

De la production au service
Intervenant sur trois domaines d'activité principaux, liés à la construction, à la gestion de flux de matières premières et à l'exploitation d'énergie, CMI a enrichi son portefeuille d'activités. Au fil des années, des créations et des rachats, le chaudronnier d'antan a évolué vers la fabrication d'équipements de manutention et l'ingénierie. «Si on était que chaudronnier, on n'existerait plus. Aujourd'hui, il faut apporter un service au client. Il faut apporter une valeur ajoutée technique sur l'optimisation des équipements dans des secteurs qui n'aiment pas forcément la nouveauté.» Les réalisations récentes envoient CMI en Roumanie, en Nouvelle-Zélande, à Abu-Dhabi, à Hongkong ou en Chine avec un convoyeur de 40km de long! La France n'est pas en reste, le territoire national représentant 30% des 80M€ de chiffre d'affaires consolidé du groupe CMI.

Installation portuaire ?
La tendance est d'ailleurs au gigantisme de plusieurs centaines de tonnes. Des réalisations qui interviennent généralement dans les usines, pour plus de qualité et de sécurité, avant d'être transporté par convoi exceptionnel. «On va travailler sur des équipements en plus forte épaisseur de l'ordre de 70mm de taule. Mais aujourd'hui, on est limité par les infrastructures routières», indique Joël Esnault, avant de poser une questionpolémique: «Angers Loire Métropole est incapable de dire comment nos convois exceptionnels traverseront Angers en pleine nuit avec les câbles du tramway. On va prendre des commandes et on ne sait pas comment on va les expédier...» Pour éviter cet écueil, la solution serait peut-être de créer un site sur une zone portuaire afin de faciliter le transport des installations produites. Le groupe CMI y réfléchit sérieusement. Il a déjà failli le faire il y a 15 ans à Saint-Nazaire. «Mais ça ne changerait rien au fonctionnement de Saint-Sylvain-d'Anjou. On travaillera toujours les matériaux nobles, car notre savoir faire est ici, dans notre atelier.»
Groupe CMi (Saint-Sylvain-d'Anjou); Pdg: Joël Esnault; CA 2009: 80M€ consolidé avec les filiales en Pologne et en Chine; Salariés: 250; Tél.: 02 41 21 19 40; www.cmi-france.com

Alphaplatre était une petite structure (5 salariés; 2M€ de CA) au moment de son rachat. Qu'attendez-vous de cette intégration ?
On a rencontré déjà des hommes et une équipe qui nous a plu. Ils sont un peu faits comme nous, ils aiment leur métier, avec un savoir faire. C'est une opportunité, un métier qu'on ne connaissait pas. Avec la Stéphanoise, on fabrique des équipements pour extraire le gypse. Désormais, on possède aussi les fours pour cuire et réaliser des plaques de plâtre. C'est une chaîne complète.

Alphaplatre travaillait déjà en Russie. C'est aussi cela qui vous a séduit...
En effet, il faut y être: la Russie c'est 140millions d'habitants avec des sources d'énergie partout. On a eu l'opportunité d'avoir une personne, de créer un bureau RBL/REI - Alphaplatre sur place. On parle souvent du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) comme les pays émergents avec lesquels travailler. Nous sommes désormais présents dans trois d'entre eux et on essaie aussi de remporter des commandes en Inde.

Peut-on imaginer une autre croissance externe en 2011 ?
On regarde, on ne se refuse rien. Nous ne rachèterons pas d'unités de production. On s'intéresse à des sociétés sur des niches liées à nos trois grands métiers. Nous ne sommes pas des opportunistes mais il y a plein de PME qu'on pourrait intégrer nos métiers.

ADLER Technologies joue la carte de l‘innovation


Sur le site de Construire, paru dans leur numéro de novembre

Spécialiste de l’ingénierie et de la fabrication de lignes de production de matériaux de construction en béton, ADLER Technologies entre dans une nouvelle ère d’innovation suite à sa reprise par Yann Jaubert, conquis par le haut niveau d’expertise de l’entreprise. Président du groupe Materials Technologies, il souhaite développer toutes les synergies possibles entre ADLER Technologies et FIMEC Technologies, autre société du groupe spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de manutentions. Il s’appuie pour cela sur une base financière solide et adaptée aux projets des clients du groupe et sur des équipes d’experts reconnues.

Chez Adler Technologies, l’innovation est une tradition : accompagner, anticiper les évolutions des besoins de ses clients, fabricants de produits béton, et innover en participant à des projets de grande envergure constituent la culture de la société. Dernièrement ADLER Technologies s’est illustrée en livrant un train de bétonnage pour la construction du tunnel du Saint Gothard, plus long tunnel du monde (57 km).
ADLER Technologies possède une maîtrise complète du process de fabrication des matériaux de construction en béton. Cette expertise du béton sous toutes ses formes permettent à l’entreprise d’apporter depuis plus de 30 ans à ses clients Marocains (DAVUM, SBBM, SADET, SICOFAM, KARKACHI, AZROU MATERIAUX, etc) une proposition globale complète et pertinente pour les accompagner dans l’ensemble de leurs projets.

Aider ses clients à gagner en productivité
ADLER Technologies privilégie des solutions conjuguant conseil, simplicité d’utilisation, sécurité, et ergonomie afin de permettre à ses clients d’affiner leurs orientations stratégiques et d’optimiser leurs performances économiques et opérationnelles. Chacun d’eux bénéficie en effet d’une analyse rationnelle et précise de ses besoins afin de le guider dans ses choix et d’optimiser la rentabilité de son investissement avec une exigence constante : les technologies et solutions proposées doivent être simples, fiables et conviviales à utiliser pour faciliter le travail quotidien des opérateurs présents sur le site et limiter les coûts de maintenance ou d’intervention. Avec plus de 50 unités installées au Maroc (Adler, Pierre&Bertrand, Demler, Minato), Adler Technologies démontre son savoir faire au plus près des besoins de sa clientèle marocaine.

Une performance optimisée sur la durée
Le marché des matériaux béton est en constante évolution : les architectes proposent de nouvelles formes, de nouvelles couleurs et doivent répondre aux exigences de normes sans cesse renforcées. Conscient des efforts permanents que ses clients doivent produire pour s’adapter à ces évolutions, ADLER Technologies conçoit des implantations et des équipements flexibles et évolutifs qui répondent aisément à leurs nouveaux besoins en termes de cadence de production et de développement de nouveaux produits. Un fabricant de matériaux en béton peut par exemple contacter la société pour qu’elle l’aide à développer un nouveau produit en modélisant en 3D un design de moule et en s’assurant de sa faisabilité technique.
Des services créateurs de valeur ajoutée, des spécialistes à l’écoute de ses clients, des programmes d’innovation articulés autour d’une organisation impliquée et réactive : ADLER Technologies se renouvelle et met tout en œuvre pour que ces clients exploitent au mieux leurs installations. Certainement la clé de la qualité des partenariats qu’elle développe avec ses clients, en s’appuyant sur la société CENTEC qui assure depuis nombreuses années l’assistance technique et la livraison de pièces détachées d’ADLER Technologies au Maroc.

Plan social. 152 ex-salariés devant les Prud'hommes


Sur le site Le journal des entreprises paru le 05/11/10

Les 600 anciens salariés de Keyria limogés sont devant différents Prud'hommes de France. Dans le département (49), 117 des 152 ex-salariés de Fimec se sont retrouvés le 27octobre dernier dans la petite salle des Prud'hommes d'Angers. La procédure pour les cadres et salariés protégés interviendra plus tard. 106 des ex-salariés sont sous convention de reclassement personnel qui court sur une année. Le reste (46) bénéficie d'une aide de retour à l'emploi. Une audience de conciliation est prévue le 26 novembre. Mais personne ne se fait d'illusion: la procédure devrait se poursuivre dans les mois qui viennent. «On se demande si ce n'est pas une faillite frauduleuse pour "balancer" le groupe Ceric. Il y aurait eu des remontées de trésorerie de 9M€ de Fimec vers le groupe Legris en juin 2008 alors que la situation de l'entreprise ne s'y prêtait pas», avance André Bousseau, un ancien délégué du personnel.

Fimec Technolgies. Six mois après le séisme


Sur le site Le journal des entreprises paru le 05/11/10

Printemps 2010: 152 des 184 salariés de Fimec au Pin-en-Mauges sont licenciés dans le cadre d'un plan social. La filiale du groupe Legris Industries est touchée de plein fouet par la situation précaire de la maison-mère (100M€ de pertes en 2009). Six mois après ce traumatisme, quelle est la situation de l'entreprise des Mauges, devenue Fimec Technologies? Yann Jaubert, le repreneur, ex-Dg de Keyria entre 2009 et 2010, a accepté de répondre à nos questions. Le dirigeant, qui vient de boucler une levée de fonds de quatre millions d'euros, revient sur les raisons de sa reprise. Il envisage l'avenir du spécialiste du béton avec confiance.

Yann Jaubert, quel premier bilan pouvez-vous tirer six mois après la reprise de Fimec Technologies?
Les premiers mois sont toujours cruciaux: les partenaires financiers vont-ils nous suivre? Les clients vont-ils toujours nous faire confiance? Aura-t-on le chiffre d'affaires correspondant? Aujourd'hui, je peux l'affirmer: cette première étape a été franchie avec succès. C'était loin d'être évident, mais à ce jour Fimec Technologies a enregistré plus de 3M€ de commandes. Les clients historiques de l'entreprise comme Michelin, Rockwool, Saint-Gobain, nous ont renouvelé leur confiance. Nos résultats intermédiaires sont très bons. Désormais, nos demandes aux banques portent plutôt sur des demandes d'allongement de lignes de caution pour nous donner la possibilité d'accepter des commandes de plus gros projets.
Socialement, la reprise a été vécue comme un traumatisme par les salariés...
Ce sont surtout les difficultés auxquelles Fimec a été confrontée qui ont créé un traumatisme. Fimec faisait partie des entreprises qui se portaient plutôt bien au sein de Keyria. La société n'était pas endettée. La chute du portefeuille de commande liée à la crise et les difficultés rencontrées par Keyria ont mis Fimec dans une situation difficile, en la privant de trésorerie. Les salariés de l'entreprise ont trouvé cela injuste. C'est compréhensible, mais je leur ai demandé de ne pas céder à la tentation de trouver un bouc émissaire. Fimec n'était pas préparée à faire face à une telle crise. Le projet de reprise ne pouvait être conduit sans redimensionner les effectifs en fonction du chiffre d'affaires prévisionnel. Nous étions partis sur 60 emplois conservés lors de la première estimation mais en réévaluant les prévisions d'activité, nous sommes redescendus à 30. J'ai vu tous les salariés en session plénière: je leur ai expliqué les raisons de ce passage de 184 salariés à 32 et les risques trop importants que la société aurait pris en maintenant 60 salariés. Je leur ai aussi expliqué ma vision de l'avenir de l'entreprise. Ce projet de reprise n'a pas pu sauver plus d'emplois dans un premier temps, j'en étais conscient. Finalement, une quasi-unanimité des salariés a voté pour ce projet. Ils ont fait preuve de professionnalisme et d'un engagement très fort pour que la société survive et redémarre. Ça s'est bien passé grâce à eux. Mon engagement personnel, c'est de pouvoir réembaucher dès que l'activité le justifie.
Est-ce déjà le cas?
Notre site est plutôt sous-dimensionné mais l'objectif est d'être au plus juste. Il est encore trop tôt pour connaître le rythme auquel on va reprendre des commandes. Cette incertitude-là, il faut la gérer avec prudence. La signature de 1,6million de commandes ces deux derniers mois nous assure huit mois de travail mais la visibilité n'est pas suffisante pour embaucher durablement du personnel. Aujourd'hui, nous sommes un peu plus de 40 avec des réembauches d'intérimaires au fur et à mesure. (N.D.L.R: le groupe Legris Industries a versé 400.000euros pour Adler et Fimec dans le cadre de mesures de revitalisation du bassin d'emploi).
Quels éléments vous ont amené à faire cette offre de reprise sur Adler et Fimec?
Je voulais faire une offre de reprise portant sur les anciennes filiales de Keyria (Fimec, Adler) car il y a de réels savoir-faire pour créer de la valeur, des synergies et bénéficier des évolutions du marché. Ces deux entreprises proposent des solutions pour le marché de la construction. Je considère qu'une crise est un accélérateur de tendances. Pour le marché de la construction, elles s'orientent vers les convergences des technologies et des savoir-faire. Aujourd'hui, les solutions de construction et d'isolation ne respectent pas toutes les réglementations thermiques et notamment celle de 2012. Pour cela, il faudra intégrer les problématiques d'isolation très en amont de la conception d'un nouveau type d'habitat. Peut-être même irons-nous vers de la préfabrication. En France, celle-ci souffre d'une mauvaise image même si ça commence sur les maisons bois. Ceci étant, en Allemagne, ça marche très bien. Je pense que l'avenir, ce sera la maison type «Ikea»... Qu'il pleuve, qu'il vente, la maison sera fabriquée et isolée en usine. On supprime les aléas climatiques et du chantier tout en réduisant les coûts.
Et ceci est complémentaire de vos activités?
Oui. Fimec travaille sur la partie briques, isolant béton en fournissant des usines complètes ou des lignes de manutention automatisées. Adler est un spécialiste reconnu pour la fourniture d'équipements complets pour la fabrication de matériaux en béton. Il n'y a pas de fatalité: pourquoi les Allemands et les Italiens sont-ils performants ? Pourquoi une société française ne le serait-elle pas ? Je crois en l'avenir de ces deux sociétés, c'est la motivation de mon investissement et de ma volonté de mettre en avant leur forte capacité d'innovation. Il y a un vrai savoir-faire qui mérite d'être pérennisé.
L'image de la société a-t-elle été écornée?
Tous les grands groupes se posent des questions sur la capacité de leurs sous-traitants à gérer leurs futurs gros investissements après cette crise. Un certain nombre d'entre eux a souffert de la crise, voire disparu. Dans ce contexte, Fimec a réussi à survivre et à préserver ses compétences. C'est une bonne nouvelle pour eux car la société leur apporte de réelles solutions à leurs besoins. Mais dans le même temps, ils se posent la question légitime de connaître la pérennité, la surface financière, la capacité financière de leurs fournisseurs. Nous devons les rassurer et les convaincre.
Et à ce jour, vous disposez de ces arguments?
Tout à fait. Même s'il ne faut pas sous-estimer la difficulté à convaincre nos grands comptes, nous avons une trésorerie solide et des partenaires financiers qui sont là pour donner à Fimec les moyens financiers de se développer. Une reprise d'une entreprise comme celle-ci ne pouvait se faire sans avoir au moins un partenaire susceptible d'accompagner le développement et d'assurer l'avenir avec des fonds propres solides (N.D.L.R: son identité n'a pas été révélée).
Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui?
Nous pensons tripler notre chiffre d'affaires 2011 et atteindre 30M€ pour le groupe Materials Technologies (N.D.L.R: avec Adler, l'autre ex-société de Keyria). On est aujourd'hui plus qu'à l'équilibre avec des résultats nous permettant d'envisager l'année prochaine avec sérénité. Nous devons encore clarifier notre offre, notamment en développant un portefeuille d'activité équilibré avec des domaines moins corrélés. Notre carnet de commandes repart nettement à la hausse, de nombreuses demandes de devis arrivent et nous bénéficions d'une surface financière qui nous permet de financer des projets d'innovation et la croissance. Je suis confiant pour l'avenir.

Material Technologies. Le nouveau groupe de Fimec
Depuis la décision du tribunal de commerce de Paris d'autoriser Yann Jaubert à reprendre Fimec et Adler, les deux entités ont rejoint le groupe Material Technologies, créé pour l'occasion en juin dernier. À ce jour, le groupe annonce qu'il réalisera pour 2010 un chiffre d'affaires de 12,5 M€ sur un exercice de 10 mois. Il compte au total 130 salariés sur les sites de Fimec Technolgies du Pin-en-Mauges et d'Adler Technologies à Crévecoeur-le-Grand (Oise).

Publié dans l'Usine Nouvelle le 24/03/2010


Adler dans le tunnel ferroviaire du Saint-Gothard
Après Céris, après Keyria, Adler change de mains. Placée en redressement judiciaire en octobre 2009 avec les autres filiales françaises du groupe Keyria (Legris Industires), cette société installée à Crévecoeur-le-Grand près de Beauvais (Oise) vient d’être reprise à la barre du tribunal de commerce de Paris par Yann Jaubert, ex-dirigeant du groupe Keyria.
Spécialiste de l’ingénierie et des équipements industriels liés au béton, Adler repart avec 78 salariés sur 110, soit 32 suppressions d’emploi. Estimant qu’il pouvait bâtir des synergies entre les deux sociétés, Yann Jaubert a aussi repris la société Fimec du groupe Keyria installée près d’Angers (Maine-et-Loire). Spécialiste des solutions de manutention pour l’industrie des matériaux de construction, cette société «était aussi en redressement judiciaire. Le repreneur repart avec un effectif de 32 personnes sur 184. « Ces sociétés concentrent un vrai savoir-faire, une vraie technologie » a indiqué Yann Jaubert à Usinenouvelle.com. Ce dernier prévoit de renforcer l’innovation en partenariat avec ses clients, d’être réactif sur les marchés tirés par les nouvelles réglementations et de se déployer à l’export sur la Russie, la Chine, le Maghreb et le Brésil.
Fabricant de centrales à béton, presses vibrantes, systèmes de manutention des blocs, étuves pour sécher le béton, Adler est selon Yann Jaubert : « la seule société au monde à fabriquer des trains de bétonnage ». L’entreprise vient d’ailleurs d’expédier vers la frontière italo-suisse la centrale à béton sur rails (24 wagons) pour la réalisation du tunnel ferroviaire du Saint-Gothard, qui sera le plus long du monde (2 fois 57 kilomètres). « L’intérêt de ce type d’équipement est que l’on peut travailler en continu in situ pour bétonner les voies sans avoir à faire des allers-retours. C’est un gain de qualité et de temps » souligne Yann Jaubert. « Les chantiers de cette ampleur ne sont pas fréquents, mais il en existe quelques-uns dans la région du Golfe persique », précise-t-il.
Adler s’était illustrée avec le « chantier du siècle » en fournissant le train de bétonnage du tunnel sous la Manche. A chantier pharaonique, dimensions pharaoniques : ce train de bétonnage faisait six kilomètres de long !

Publié dans la Tribune le 22/03/2010


Legris tourne la page Keyria
Les entités françaises de Keyria, la filiale du groupe industriel, ont été placées en redressement judiciaire. Près de 600 emplois sont en passe d’être supprimés.

Après la cession en 2008 de Legris SA (raccords, tubes, robinets industriels, etc.), filiale historique de Legris Industries, Keyria était devenue la filiale la plus importante de l’industriel rennais avec 427 millions d’euros de ventes et plus de 1.900 salariés. L’année 2009 a considérablement changé la donne. « Tout a commencé à la fin 2008, expliquent les porte-parole du groupe. Touchée de plein fouet par les crises financière et immobilière, Keyria [achetée en 2006 et spécialisée dans l’ingénierie des matériaux de construction, Ndlr] a dû faire face à des annulations de commandes pour un montant de 140 millions d’euros. » Dans la foulée, le carnet de commandes s’effondre de 70 % au premier trimestre 2009. La trésorerie se tend, les pertes opérationnelles se creusent. « En juillet, nous avons bâti un projet de restructuration de Keyria dans le cadre d’une procédure de conciliation, précisent les porte-parole. Quelque 50 millions d’euros devaient être injectés dans la société, dont la moitié par le groupe. Dès août, Legris industries a donc débloqué 12,5 millions d’euros. » Las, en septembre, les commandes continuent de chuter et compromettent la viabilité du projet de restructuration.

Érosions des ventes
Dès juillet, l’une des huit filiales françaises de Keyria, Ceric Automation (Nolay, Côte-d’Or) est placée en redressement judiciaire. Suivie, fin octobre, par les sept autres – Tecauma (Les Essarts, Vendée), Fimec (Le Pin-en-Mauges, Maine-et-Loire), Adler (Crèvecoeur-le-Grand, Oise), Ceric SA (Paris), Pelerin (Soissons, Aisne), Ceric Wistra (Limoges, Haute-Vienne) et Hallumeca (Baisieux, Nord). La société mère, Keyria SAS, et des filiales étrangères (Allemagne, Italie) sont placées en procédure de sauvegarde. Fin 2009, les ventes de Keyria n’atteignent plus que 215 à 220 millions d’euros...
À ce jour, quatre des huit filiales ont trouvé repreneurs : Ceric Wistra, rachetée par un concurrent, Elmetherm. Tecauma, Fimec et Adler reprises par des salariés. Restent les sociétés du « pôle est » de Keyria, sur lesquelles les tribunaux de commerce de Paris et Dijon exercent une double compétence. Celui de Dijon a rendu sa décision en faveur de Tellus pour la reprise de Ceric Automation, le 9 mars. Mais un recours en nullité a été déposé. Celui de Paris réentendra les porteurs de projets (Tellus et Ceric nouvelle) mercredi prochain avant de trancher. « Nos deux projets divergent, admet Philippe Pénillard de Tellus, avec l’un concentré sur Nolay et l’autre plus présent à Paris. Nos stratégies aussi. Mais, ce qui importe surtout, c’est que nos entreprises trouvent rapidement une issue pour se sortir de la crise et de la situation dans laquelle elles sont tombées. » En attendant, près de 600 salariés de Keyria ont perdu ou perdront leur emploi. Avec eux, « la France se prive d’un précieux savoir-faire », regrette l’un des délégués du personnel de Ceric qui n’entend pas rester bras croisés. Legris Industries a engagé 10 millions d’euros dans le cadre des plans de revitalisation et de sauvegarde de l’emploi.

les chiffres clés de Legris Industries
Depuis 2008, le groupe se concentre sur les métiers d’ensemblier-constructeur et d’ingénierie avec trois filiales :
  • Keyria (usines clés en main pour l’industrie des matériaux de construction, 215 à 220 millions de chiffre d’affaires [CA] fin 2009) ;
  • Savoye Logistics (conception et intégration de solutions logistiques, y compris informatiques, 550 salariés, 81,9 millions d’euros de CA en 2009) ;
  • Clextral (lignes de production clés en main pour l’agroalimentaire, la chimie, le plastique, etc., 45,3 millions d’euros de CA en 2009).
En 2009, le CA global s’élève à 350 millions d’euros (564 millions en 2008, hors Legris SA) avec 40 millions de pertes opérationnelles.

Fimec dans la presse les 08 et 09/03/2010


Nos collègues de Fimec souffrent, mais comptent se battre.
France3
Courrier de  l'Ouest et Ouest-France

Publié dans Ouest-France le 02/03/2010


Fimec au Pin-en-Mauges : les salariés réunis une dernière fois
La quasi-totalité des salariés de la Fimec se succèdent, ce mardi, dans le bureau de la responsable des ressources humaines. But de ces entretiens individuels : informer les employés -qui le souhaitaient- sur les licenciements. L’entreprise, basée au Pin-en-Mauges, spécialisée dans la fabrication de chaînes de production, a fait l’objet d’une reprise la semaine dernière. Dans l’opération, 152 salariés doivent être licenciés, sur un total de 184 personnes. «Lors de ces entretiens, les salariés se verront accorder une mise en disponibilité. Ce document leur permettra de continuer à chercher du travail», explique Yannick Cousseau, membre du CE Fimec.
Les lettres de licenciement ne devraient arriver dans les boîtes aux lettres, qu’à partir de la deuxième quinzaine de mars. Le tribunal de commerce de Paris, qui avait rendu un jugement de principe la semaine dernière, devrait en effet donner «une décision complète ce mercredi».
Pour l’instant, les salariés, environ 160, se sont retrouvés ce mardi autour «d’un barbecue, sur le parking de l’usine». Une façon de «se revoir après plusieurs semaines de chômage technique», mais aussi de se dire «adieu».

Publié dans Ouest-France le 25/02/2010


Fimec et Tecauma : un lourd bilan social
Les deux sociétés, basées dans le Maine-et-Loire et en Vendée, sont reprises. Avec néanmoins 216 licenciements à la clé.
Le tribunal de commerce de Paris a rendu hier un jugement favorable à la cession des sociétés Fimec, au Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire), Tecauma, aux Essarts (Vendée), et Adler (Oise). Les offres de reprise prévoyaient une importante vague de licenciements... acceptée par la majorité des salariés, compte tenu de la crise traversée en 2009 par ces trois entreprises et leur maison-mère Keyria (lire O.-F. du 19 février).
Yann Jaubert, directeur général des trois entités Fimec-Tecauma-Adler, proposait une offre couplée de reprise Fimec-Adler. Réaction à chaud, hier : «À un moment, il faut bien être en phase avec la réalité du marché. Le nombre de salariés dépend des commandes de l'année», dit-il, en référence au licenciement de 152 employés à la Fimec, sur 184 salariés (75 sur 115 pour Adler).
En 2008, la Fimec, spécialisée dans la fabrication de chaînes de production, avait réalisé 30 millions d'euros de commandes. Contre seulement «4 millions en 2010», espère-t-il. Yann Jaubert assure cependant : «Dès que l'activité redémarre, nous réembaucherons ces salariés licenciés. C'est un engagement que nous avons pris auprès du tribunal et des employés». La Fimec a «du potentiel pour devenir une PME leader dans son marché». Il compte notamment sur l'exportation et le secteur recherche et développement. Quant aux licenciements, ils ne devraient pas intervenir avant le 8 mars. À ce jour, le nom des salariés licenciés n'est pas connu.
Chez Tecauma, «41 salariés seront conservés, sur un total de 104», affirme Philippe Breillac, l'un des deux repreneurs de la société vendéenne. Le porte-parole de Keyria, à Paris, n'a «pas souhaité faire de commentaires».

Quant à nos collègues de l'Ouest


Paru dans Ouest-France le 18 février 2010

Tecauma: la reprise par les cadres menace 64 emplois
En redressement judiciaire depuis octobre 2009, l'entreprise de fabrication d'éléments pour la menuiserie industrielle Tecauma, aux Essarts, devrait être reprise par trois cadres. Le tribunal de commerce de Paris tranchera de façon définitive sur la seule offre concernant cette filiale de Keyria (groupe Legris) le 3 mars. Le projet prévoit de conserver seulement 40 des 104 salariés.

Fimec : seulement 32 salariés gardés au Pin-en-Mauges ?
La situation se précise pour les 183 salariés de Fimec, au Pin-en-Mauges. Et elle devrait déboucher sur le licenciement d’une bonne partie d’entre eux. Touchée de plein fouet par la crise, l’entreprise spécialisée dans la fabrication de chaînes de montage a été placée en redressement judiciaire en octobre.
L’offre de reprise qui tient la corde prévoit la reprise de Fimec et d’Adler, une autre entreprise du groupe Keyria basée dans l’Oise. Seuls 32 salariés de la Fimec seraient repris. «C’est malgré tout la solution la plus pérenne», juge un salarié. Reste maintenant au tribunal de commerce de Paris à entériner cette reprise. Il doit se prononcer la semaine prochaine.